

Exposition VICE de FORMES




Préface de Pierre AURIOL Ancien directeur de l’EESI Angoulême (extrait)
Cette exposition surprendra peut être ceux qui connaissent les travaux de Gérard Chauvin lui l'arpenteur d'espaces, le géomètre qui organisait les droites, les courbes et les volumes de façon à sécréter des lieux de déambulation rythmés par les différents arrêts auxquels il conviait notre regard pour mieux le captiver,le voilà qui revient au plan, à la surface et nous invite à la calme contemplation d'une œuvre disposée EN FACE et non plus ALENTOUR.Mais cet étonnement ne manquera pas d'être fécond en effet, comment ne pas comprendre qu'entre ces travaux et ceux réalisés antérieurement existe, comme par un entêtement bénéfique, une communauté de préoccupations, de soucis et de questions. Et ceci non en vertu de ce qu'assène le cliché, à savoir que le dénominateur commun d'un travail en serait l'auteur, géniteur, père de ses oeuvres, mais en vertu de cette attitude qui consiste à faire la faire la partbelle à l'expérimentation avec tout ce que cela suppose d'équilibre entre la dimension du calcul, de l’invention, du projet et celle du hasard de la découverte, de l'inattentive attention à ce qui peut survenir.Et de fait, s'il y a dans les travaux de Gérard Chauvin un aspect qui ressortit à l'application précautionneuse du géomètre ou de l'arpenteur, il en est un autre qui relève d'une forme d'invite lancée à l'imaginaire. De sorte que si l'on regarde bien, il devient évident que ces derniers travaux ne renient rien des précédents. Seulement, se sont opérés des déplacements, des mutations qui ont eu pour conséquence demodifier le point d’assise, le centre de gravité de ce travail. Alors qu’antérieurement ce léger décrochement, ce pas de côté qui, de façon secrètement impérieuse, draine ce qui est vu vers ce qui dans le voir est donné à éprouver et penser se faisait au terme de la réalisation d’un projet d’ensemble, maintenant l’accès à cet autre versant de l’œuvre, que l’on pourrait tenter d’épingler, en disant que l’on ne saurait penser l’être indépendamment de l’épreuve qu’il fait de l’espace, des espaces, s’opère selon une alchimie plus économe, non pas plus subtile mais plus dépouillée.Gérard Chauvin a donné pour titre à l’une de ses pièces « Triptyque des Formes oubliées ». C’est là souligner selon un paradoxe qui n’est qu’apparent, ce que les travaux les plus récents doivent aux anciens et que ces formes - carrés, droites orthonormées, obliques qui tout à la fois segmentent et construisent surface et profondeur dans une écriture qui peut évoquer certains moments des avant-gardes européenne – conservent sous les auspices d’une oublieusemémoire et tout en lui faisant subir une légère torsion les éléments d’un vocabulaire qui était au principe des travaux en volume. (…)

Triptyque des formes oubliées
Aquarelle sur ruban adhésif - 3 fois 37 x 36 cm
L’exposition VICE DE FORMES comportait 18 oeuvres de ce type, montrées parfois seules ou parfois mises en espace et en relation avec une installation.
( Un grand nombre des ces oeuvres sont toujours à disposition.)